Qui sommes nous ?

Nous sommes des hommes et des femmes de gauche, adhérents du Parti Socialiste qui avons fait le choix de soutenir le texte : Un Monde d'Avance, au congrès de Reims. Nous sommes présents dans de nombreuses sections et nous réunissons régulièrement afin de réfléchir collectivement à l'avenir du Parti Socialiste dans une période qui est à la fois inquiétante et pleine d'espoir

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Mercredi 2 septembre 2009
25.26.27 septembre à Port d’Albret


Les universités de rentrée Un monde d’avance se tiendront cette année à Port d’Albret, Vieux-Boucau, dans les Landes.

Alors que le scrutin des européennes est un échec pour le PS, il exprime également une stabilité du rapport de force droite/gauche en comparaison avec les scores de 2004. Les voix se sont en fait redistribuées au sein même de l’électorat de gauche mettant à mal la place centrale du PS comme principal parti d’opposition. Cet avertissement appelle une dynamique de rassemblement de la gauche qui permette de nous dépasser dans un but de reconquête du pouvoir lors de l’élection présidentielle. Cette perspective est la seule qui permette de redonner du souffle aux militants et aux sympathisants de gauche, las des impasses dans lesquelles nous les avons menés.

Dans une période de crise, traduction d’un modèle à bout de souffle, nous devons être ceux qui travaillent à un nouveau paradigme pour la gauche, boussole pour l’ensemble des forces de progrès. Nos universités seront le point de départ de cette refondation. C’est par ce travail de rassemblement, de confrontation de nos projets, de débats sans préalables avec la gauche politique, sociale, syndicale et associative que nous souhaitons reconstruire une perspective majoritaire en phase avec les mouvements de la société.

Ces universités sont ouvertes à toutes les familles de la gauche qui partagent cet objectif.

Nous vous invitons à être nombreux lors de cette étape essentielle de la reconquête pour mener à bien cette tâche.

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Lundi 31 août 2009
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Dimanche 30 août 2009
Géopolitique de la crise

Cela n’étonnera personne que je commence mon propos par le mouvement de régression des droits et des libertés fondamentales à l’oeuvre actuellement dans le Monde et plus particulièrement depuis trente ans. Tous les moyens technologiques modernes sont d’abord mis au service des stratégies de contrôle des populations : il suffit de prendre l’avion pour se rendre compte à quel point l’Union européenne a capitulé face aux exigences liberticides des Etats-Unis au nom de l’anti-terrorisme et de leur Patriot Act, il suffit de refaire nos papiers d’identité, de nous promener dans les rues sous l’oeil des caméras de surveillance, ou plus simplement de surfer sur Internet ou même de téléphoner : là, à chaque instant de notre vie on saisit l’augmentation exponentielle des contraintes faites aux individus. Contrôle des migrations, des chômeurs, des malades, des enfants, multiplication des infractions, des délits, etc. on a fait de la suspicion généralisée des individus le prétexte à légitimer l’Etat voyeur et l’Etat pénal, alors que parallèlement, on a invoqué la nécessaire « confiance » dans les entreprises et les acteurs privés de l’économie pour garantir la prospérité et qu’on nous a vanté les vertus de l’individualisme comme un mouvement vers plus de liberté individuelle. « Confiance » cela voulait dire de moins en moins de contrôle, de moins en moins de règles en matière de concurrence, de commerce, d’échanges , etc. Il restait à trouver les rimes avec Liberté (libre-échange, libéralisation, libéralisme) pour donner à ce puissant mouvement le sentiment qu’il constituait une immense modernité. Bref confiance dans l’ « auto-contrôle » des acteurs économiques et principalement financiers et défiance et surveillance envers les individus.

 



La chute du communisme a accéléré bien-sûr l’enveloppement de la planète par le libéralisme et la finance, aucun adversaire sérieux ne pouvant empêcher la classe de la finance internationale de généraliser un système et des valeurs. Grâce aux révolutions technologique en particulier, la mondialisation financière s’est achevée de Miami à Pekin. Les ennemis d’hier, nouveaux convertis à ce capitalisme « de la confiance » ont engendré à leur tour de puissants intérêts attachés coûte que coûte au nouveau régime qui leur garantissait désormais puissance et richesses. Pour le capitalisme, qui s’est drapé des libertés depuis 1945 face aux dictatures de l’Est, la démocratie n’est plus une condition nécessaire à son développement. Les Etats du Golfe, mais particulièrement la Chine en font quotidiennement la démonstration. A plus d’un titre, c’est même le mouvement inverse qui tend à s’opérer : en fait, tout se passe comme si, pour reprendre le grand reporter Hervé Kempf, « l’oligarchie mondiale voulait se débarrasser de la démocratie et des libertés publiques qui en constituent la substance ». Quand le capitalisme n’a plus forcément besoin de la démocratie, nous entendons déjà les pouvoirs arguer de la nécessaire restriction des libertés..au nom de la crise.

Le second élément que je veux soumettre à notre questionnement concerne évidemment les conséquences de l’anthropocène : la nouvelle ère géologique est marquée par cette donnée fondamentale que l’action de l’espèce humaine constitue une force géologique et géographique agissante par le déstockage, en quelques décennies, des énergies fossiles qui ont mis des millions et des millions d’années à se constituer, accélérant par là-même le processus de réchauffement de la planète et des catastrophes désormais annoncées comme certaines si nous laissons le productivisme guider les économies du Monde. La question énergétique, LA question en vérité, en résume bien d’autres : on assiste d’un côté à l’acharnement des uns à préserver leur main mise sur les richesses naturelles et à l’acharnement des autres à en avoir leur part. Ce changement climatique affecte déjà de manière significative le cycle hydrologique global et cette situation, déjà critique en certains endroits, va empirer. Selon les nations Unies, en 2050, sur 9,3 milliards de personnes, 1,8 milliards vivront dans des régions totalement privées d’eau et 5 autres milliards dans des pays où il sera difficile de répondre à tous les besoins. Sans révolution planétaire en matière de gestion de l’eau, les inégalités, qui vont croissant, engendreraient de lourdes conséquences sanitaires, sociales et bien entendu géopolitiques.

La trop forte subordination des économies à l’égard des énergies, ou plus simplement la nécessité de boire pour vivre, indique clairement qu’à vouloir prolonger la concurrence entre les Etats, donc l’exclusion d’une partie de l’humanité par l’autre des possibilités même de son développement, nous nous donnons le choix entre deux schémas, qui se confondront souvent : la guerre de tous contre tous ou la domination des uns sur les autres. L’incapacité même de l’Europe à contrôler ses sources d’approvisionnement énergétiques, qui pour l’essentiel se trouvent au Moyen-Orient et en Russie, devrait suffire à nous convaincre d’agir rapidement. Il y a donc urgence à bouger dans trois directions :


- atteindre, absolument, les objectifs fixés par les traités, textes et recommandations en matière de diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre ;


- confier à une agence mondiale publique la propriété, l’exploitation, la gestion et la distribution des ressources, en priorité des ressources naturelles fossiles et de l’eau ;


- diversifier, en urgence, les sources d’énergies et en particulier les énergies renouvelables, sauf à vouloir faire subir aux populations l’inéluctable augmentation du prix de l’énergie ou de reprendre l’exploitation du charbon avec les conséquences que nous connaissons pour l’environnement.

Sans développer à cette étape, le temps imparti ne me le permets pas, j’indique juste que d’autres secteurs éminemment stratégiques, comme l’agriculture et l’alimentation, nécessitent qu’une Autorité publique mondiale – et non des marchés - fixent les prix et protègent les denrées alimentaires des mouvements spéculatifs. Je n’ai pas non plus le temps de développer ce point, d’autres l’ont fait ces derniers temps, mais tourner le dos au libre-échange qui a valu dans le domaine agricole implique à mes yeux de militer pour un protectionnisme intelligent : au regard de la recherche de la satisfaction de la souveraineté alimentaire – et donc de l’autosuffisance relative nécessaire – c’est même une nécessité si l’on veut s’assurer de pouvoir nourrir tous les hommes.

Ces quelques orientations sont d’autant plus nécessaires qu’avec la certitude de l’émergence de l’Inde et de la Chine, une nouvelle géographie de la production mondiale des richesses – et donc des logiques de production et de consommation qui lui seront liées – est en train de se construire. Il est possible de démentir les prévisions inquiétantes en matière de développement humain ; à condition de l’exiger des gouvernements...ou de gouverner soi-même. Dans un cas comme dans l’autre, et la gauche sera évidemment concernée par les deux, il faudra ne jamais céder sur l’exigence de bien commun.

Le troisième élément du désordre concerne l’immigration mondiale : si l’on reste à l’horizon 2050, nous passerons très certainement de 200 millions à près d’un milliard de personnes migrantes dans le monde (tourisme mis à part). A titre d’exemple, nous allons assister à une multiplication de la population par 7 au Mexique, par 15 au Kenya. Qui croit une seule seconde que cela n’aura pas de conséquences migratoires ? Comment assumer plus longtemps d’oublier cet élément essentiel des prochaines années : les déplacements de populations vont s’accélérer en vitesse et en nombre ? Nous avons l’obligation de penser cette nouvelle donne en des termes conformes à la déclaration universelle des Droits de l’Homme – sinon, à quoi bon être socialiste ? - que cela soit pour les mouvements de migration du Sud au Sud (les plus nombreux) ou celles, du Sud vers le Nord, c’est-à-dire vers chez nous.

L’Europe, bien entendu, peut être ce bloc de puissance qui, par sa dimension et son message universel, influence le cours de la diplomatie internationale vers ces objectifs de développement commun de l’humanité. Mais nous devons alors faire un examen critique sérieux : faut-il subordonner le destin de l’Union de l’Européenne aux intérêts des Etats-Unis d’Amérique ? Peut-on vraiment – qui le croit ? - faire à la fois l’OTAN et la défense européenne ? Car, après tout, pourquoi ce lien obligé qui nous dessert dans bien des domaines au moment même où l’Amérique latine se libère de la tutelle étatsunienne sur les plans politiques, économique, monétaire et même militaire ? Il ne s’agit pas, pour la gauche européenne, de construire une quelconque animosité envers l’oncle Sam : au contraire, l’élection de Barak Obama – une des plus formidables conséquences de la crise – est porteuse d’un espoir réel de changer le cours du Monde. Il faut même politiquement faire plus que le souhaiter, il faut soutenir cette dynamique de changement, comme celle initiée par les gauches en Amérique latine, du Vénézuela au Brésil, de la Bolivie au Chili. Seulement, l’Union européenne n’a pas à privilégier ce bloc là sur un autre. La condition de son développement politique à l’échelle géopolitique, c’est son indépendance réelle, dans tous les domaines de sa souveraineté.



Depuis un an, deux évènements – le krach et les élections présidentielles en Iran - viennent de signaler, sans qu’on sache encore vers où nous allons, la fin du cycle ouvert il y a trente ans par les deux grandes réactions ultraconservatrices qui ont façonnée les rapports mondiaux actuels : d’un côté la révolution conservatrice aux Etats-Unis avec Ronald Reagan et la financiarisation intégrale de l’économie qui s’en est suivie ; de l’autre côté le coup d’Etat religieux durant la révolution iranienne de 1979 avec l’ayatollah Khomeiny qui s’était propagé comme une trainée de poudre de l’Asie à l’Afrique sur les ruines des nationalismes et des tiers-mondismes à la fois comme opposition aux régimes corrompus post-coloniaux et comme opposition aux dominations occidentales. Ce qui se passe en Iran n’est certes pas fini, mais ne sous estimons pas l’impact, dans les populations du Moyen-Orient, d’un mouvement de masse qui conteste ouvertement la légitimité d’une théocratie, bref qui fait renaître, là-bas, un nouvel espoir laïque. Imaginez, ne serait-ce que pour les Palestiniens ou les Libanais, mais aussi en Turquie et en Algérie, ce qu’un mouvement de cette nature peut signifier.

Ce qui frappe, au regard des enjeux géopolitiques, c’est l’absence de pilotage mondial dans une planète...mondialisée. Pire, on assiste à une marginalisation croissante de l’Onu et des ses résolutions les plus importantes au profit d’instances qui n’ont pas pour but ni pour finalité le bien commun de l’humanité mais la fluidité d’un système (je pense à l’OMC, au FMI) et la sécurité des plus puissants (je pense au désormais G20). C’est pourtant bien à cette échelle mondiale que se situent les enjeux. Or, à cette échelle mondiale, la gauche n’a aucune existence politique. Tant que cela durera, la dialectique du moment se situera entre les tenants du libéralisme financier et les partisans des crispations identitaires, religieuses ou nationalistes qui minent le destin de l’humanité toute entière. Le défi politique est le suivant : poser des règles de civilisation contre la dérégulation du Monde. Atteindre cet objectif signifie construire un rapport de force en rassemblant sans tarder les gauches démocratiques dans le monde et donner corps à une nouvelle alliance internationale des progressistes. C’est à cela que nous devons travailler sans tarder à partir des éléments sains de l’internationale socialiste (ils ne le sont pas tous...). L’objectif affiché de cette nouvelle alliance, agissant dans un esprit de coopération et mus par le même idéal universel, sera de mettre en place une nouvelle architecture internationale basée sur le pacte international sur les Droits économiques, sociaux et culturels de 1966 et sur la déclaration des Nations Unies sur le droit au développement.

Nous vivons un moment d’étranges paradoxes : 20 ans après la chute du Mur de Berlin, le triomphe de l’Europe lui a a fait perdre ses repères ; la victoire stratégique de l’Occident, plutôt que d’assurer sa suprématie, accélère son déclin ; la consécration du capitalisme l’a plongé dans la pire crise de son histoire ; la fin de l’équilibre de la terreur a fait naître un monde obsédé par la Terreur ; la célébration de la démocratie voit dans le même temps reculer partout dans le monde le débat démocratique et les libertés. En 2009, on sait organiser des voyages dans l’espace ; on peut opérer à distance. Ayons en tête que ces deux formidables possibilités de notre civilisation ne sont pour le moment que la chance de quelques très riches. Que c’est là, dans cet insupportable réalité qui fait que la richesse de quelques individus dépasse la richesse de plusieurs dizaines d’Etats, que se situe le miroir de ce que nous voulons combattre : la confiscation du Monde par un poignée d’individus qui, de manière certaine, nous entraînent dans le chaos. Socialisme ou Barbarie, une fois de plus, c’est la question. Ne tardons pas.

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Lundi 11 mai 2009
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Jeudi 9 avril 2009

A sommaire cette semaine :

- Donner du sens, proposer un chemin nouveau - édito de Guillaume Balas

- Les dirigeants de la planète, les multinationales, la finance ont de quoi se réjouir ! dossier de Jean-Jacques Chavigné sur le G20

- Pour un nouveau Front populaire, tribune de Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès

- Portrait de Philippe Cordery, secrétaire général du PSE et candidat aux européennes


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